Nyctale de Tengmalm : bilan du suivi 2025

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L’automne étant là et les différents suivis arrivant à leurs termes, il est temps de réaliser le bilan de ce printemps de suivi de la Nyctale de Tengmalm. Comme je l’avais indiqué dans l’article du mois de mars, le suivi s’annonçait plutôt mal au vu des données statistiques de l’espèce. Il en aura été tout autrement.

Mars, Avril, Mai, Juin : 4 mois de suivis d'une nichée de Nyctale de Tengmalm

Mars

En appliquant la même technique de suivi que l’an passé, je suis retourné sur le territoire début mars afin d’identifier la loge où le mâle tenterai d’attirer une femelle. Ces premières sorties sont essentielles car l’oiseau connaît bien mieux son territoire que nous et il est probable qu’il faille plusieurs sorties avant d’identifier une nouvelle loge.

Ce ne fut pas le cas pour moi car je retrouvai le mâle au même emplacement qu’en 2024. Après quelques sorties, je parviens à réaliser ma première image de la saison avec en prime l’arrivée d’une femelle le 31 mars. La Nyctale commence son activité en moyenne 30 mn après le coucher du soleil ce qui nécessite un bon équipement contre le froid ainsi qu’un trépied. L’image du mâle aura demandée pas moins de 20 secondes de pose.

A partir de ce moment, je me dis que c’est gagné et que la saison est lancée. En effet, la littérature mentionne que l’installation du couple intervient après la visite de la loge par la femelle. La réalité est plus subtil que cela.

Nyctale de Tengmalm mâle
Mâle
Nyctale de Tengmalm femelle
Femelle
Nyctale de Tengmalm femelle
Nouvelle femelle
Nyctale de Tengmalm mâle
Mâle

Avril

En effet, lors des prospections suivantes, le mâle chante par intermittence sur différentes loges y compris la loge sensée être occupée, signe que la femelle ne s’y est pas installée. C’est l’occasion de compléter la carte de la forêt avec l’emplacement des nouveaux arbres. Je passe de trois loges connues à six dont une particulièrement excentrée. Les loges se situent dans des sapins pectinées sauf dans un cas où il s’agit d’un pin. 

Ce mois d’avril fut donc particulièrement pauvre en images jusqu’à la toute fin. Du 26 avril au 1 mai, je fais des observations quotidiennes du couple qui se retrouvent à la loge « assez tôt » par rapport à leur habitude. Les images de la femelle me montre qu’il ne s’agit pas du même individu observé fin mars (répartition des tâches blanches sur la tête).

C’est également pendant cette semaine que je change mon approche photographique pour cette saison 2025. En effectuant le bilan des images déjà réalisées, je constate que mes favorites sont celles en dehors de la loge. Celles où l’on voit l’oiseau dans l’obscurité de la pessière. Les images à la loge finissent par toujours se ressembler et même si c’est toujours un bonheur de voir les petites chouettes, pouvoir composer des ambiances différentes à chaque sortie est ce qui me plaît. L’image ci-dessous sélectionnée pour le concours « Photo de l’oiseau de l’année 2025 » organisé par la LPO et l’association Camera Natura fût réalisée pendant cette semaine.

Nyctale de Tengmalm mâle photo oiseau de l'année 2025

Mai

Malheureusement il n’y eu pas d’installation cette fois encore. Il s’agit de la troisième fois depuis mars où je suis certains qu’il y a une femelle sur le territoire et pourtant je n’ai pas trouvé de loge occupée. Peut-être est-ce du à un manque de proies. Peut-être la loge où chante le mâle est encore sale de la reproduction de 2024. Le seul constat que je peux faire début mai est que le mâle ne chante plus et que la loge où le couple se retrouvait fin avril est vide.

J’effectue donc mi-mai une visite de toutes les loges connues afin de vérifier l’occupation. Et c’est à ce moment là que je retrouve la femelle dans le pin excentré et plus haut en altitude. Le secteur me donne plein d’espoir de réaliser des images différentes de 2024. La forêt y est plus claire et composée essentiellement de pins. 

Nyctale de Tengmalm femelle pin
Nyctale de Tengmalm poussin pin

Juin

Après tant de recherches et de doutes, vient le temps du suivi et de l’observation. Chaque soir sans exception je me rends sur place. Il n’y a souvent qu’une seul opportunité par soirée de photographier un ravitaillement avant qu’il ne fasse trop sombre. C’est pourquoi il est important d’être assidu. 

De plus, je réalise au fils des jours que photographier la Nyctlale à son arrivée est assez aléatoire :

  • Elle utilise souvent des perchoirs différents donc impossible de réaliser un pré focus.
  • Il y a souvent des obstacles entre l’appareil et l’oiseau.
  • L’autofocus ne fonctionne plus car il fait trop sombre.
  • L’oiseau ne reste en place qu’une ou deux minutes avant de repartir.

Chaque soir je ne repars qu’avec une vingtaine d’images dont une bonne partie est flou. Mais malgré les frustrations, cela reste des moments magiques. Je suis même resté un soir jusqu’à deux heures du matin pour observer la fréquence des ravitaillements du mâles. Environ une proie toute les 45mn. Au final quatre chouettons prendront leur envol fin juin. Ce sera la fin du suivi pour cette année 2025.

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